Il faut du temps pour transformer les choses quand on ne fait pas oeuvre d'alchimie. Du temps pour changer une retenue en élégance sans laquelle elle n'est rien, comme la beauté n'est rien sans le charme. Avec ce quatrième album, Marc Delmas touche à une grâce lumineuse qu'il avait déjà effleurée avec « La superficie du ciel », son précédent opus. Arpenteur d'espaces infinis et éthérés, il revient ici à la terre qu'il cultive en gentleman-farmer, produisant des légumes comme des chansons, agrestes et légères.


Et de fait, Marc Delmas se joue des modes et déjoue les évidences d'une carrière trop rectiligne. « Si on laisse les accidents arriver, sans décider. On est dans une société où l'on essaie beaucoup de maîtriser les choses. Mais en laissant la vie proposer... » C'est le sens de « Tout est parfait », le morceau qui donne son nom à l'album. Ironique, de nos jours ? Peut-être, un peu, juste d'un sourire. Mais surtout, un clin d'oeil à ces minuscules instants d'une magie quotidienne. Un baume, contre un monde « où il y a beaucoup de peurs, où l'on met des flèches partout pour ne pas se perdre. Mais c'est en se perdant que l'on trouve les choses intéressantes. »


Marc Delmas a su se perdre et se retrouver, après des débuts tonitruants qui le virent passer des Chantiers des Francofolies à une sorte de boulevard vers un succès passant par France-Inter qui l'écoute avec attention. On est au tournant du siècle, la chanson française fait sa mue et retrouve un nouvel allant, Marc Delmas est dans le mouvement.
Jusqu'en 2010 où il décroche. Vingt ans après ses débuts et quatre albums plus tard, la chanson française poursuit une mue infinie et sans but, Marc Delmas est toujours là, marqueur d'un temps qui ne le heurte pas mais a patiné son style pour lui donner un poli inimitable, une matité soyeuse, loin des exigences du moment. Il s'inscrit dans un classicisme intemporel, rejoint les standards de la musique folk US à la Joni Mitchell, Tom Waits ou Susan Vega, le genre de choses avec lesquelles on ne peut pas se tromper.
Son style a pris de la profondeur... une sorte de sagesse terrienne, lui qui s'est lancé en parallèle dans une carrière de maraîcher en permaculture et qui organise un festival pluri-artistique qui fait le tour des fermes aquitaines qui partagent son idéal. Qui est aussi celui de prendre le temps de voir les choses pousser, de revenir sans arrêt sur la même parcelle
ou le même morceau : « Il y a dès le départ un désir d'arriver à une forme d'alchimie, de pousser une chanson là où elle doit arriver. C'est un processus de travail par couches successives pour arriver à une forme définitive. »


Alors dans ce « Tout est parfait », il y a un peu de ces plantes qu'il fait pousser patiemment, comme des « Mimosas » qui illustrent le clip : « C'est une chanson joyeuse et ce n'est pas si facile. Elle fait partie d'un imaginaire de la Route des fleurs à Grasse. C'est une plante symbolique de la promesse du printemps, une belle plante avec une odeur qui te ramène à l'enfance. » Car c'est important aussi, la part de souvenirs dans toutes ces chansons qui pourraient être des contes intemporels. Il les dessine par touches aux couleurs irisées et changeantes, lui qui aurait aimé être peintre s'il n'avait pas été pris par la musique. Mais toujours, il y a un morceau d'histoire, une part de la réalité qui s'incruste dans un coin comme dans « A pas d'heure » qui raconte celle qui vous appelle toujours pour s'épancher, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit : « Oui, c'est un peu réaliste mais le travail, c'est comment tu transformes une situation en poésie, sans enlever, sans ajouter... Quelle histoire on s'en fait ? » Ou quelle histoire on se fait d'un monde qui bat la chamade. C'est « Pauvre cerveau », inspiré d'un livre de l'auteur bordelais Michel Ohl. « C'est tellement ça, le problème : notre pauvre cerveau qu'il faut bercer dans quelque chose de ronronnant, de chaud, de doux. La métaphore des grenouilles trempées dans l'eau qui se réchauffe est tellement juste. » Parfois, la perfection du monde se lézarde car « il faut que la colère s'exprime aussi. Je ne comprends pas comment on peut ne pas être en colère et indigné. » Il le fait à sa manière, avec une suavité qui ne revendique qu'un droit à la différence et à la douceur. A travers un album où tout est parfait si l'on poétise le monde -  Jean-Luc Eluard -
 

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DISCOGRAPHIE :


1999 : "Souris Donc"
2005 : "Initial" - Cristal / XIII Records
2007 : "Bloody Mary" - Cristal / XIII Records
2019 : "La superficie du ciel" - Microcultures

2022 : "Tout est parfait" Le bruit d'une main / Kuroneko